Des touristes latino-américains affluent chaque année dans l’île caraïbe pour y recevoir des soins ou se faire prescrire des médicaments inabordables ou inexistants dans leurs pays.   

Pourquoi Hugo Chávez, frappé de cancer pelvien, est-il soigné à Cuba, se demandent certains. La solidarité “anti-impérialiste”, qui unit les dirigeants cubains et le Président vénézuélien – tous bêtes noires de Washington – et voit La Havane fournir des escouades de médecins au Venezuela en échange de pétrole à prix d’ami, explique partiellement ce choix, mais n’en est pas la seule raison. La médecine cubaine est en effet renommée pour son haut niveau.

L’Etat castriste est régulièrement félicité par les agences de l’Onu pour les performances de ses systèmes de santé et d’éducation, qui placent généralement l’île caraïbe de 11 millions d’habitants en meilleure position que la plus grande puissance du monde, les Etats-Unis, dans les classements de l’Onu.

La médecine y est non seulement gratuite et accessible à tous, ce qui a contribué à faire de Cuba un des pays comptant proportionnellement le plus grand nombre de centenaires (1 488 en 2009) selon l’Organisation mondiale de la santé, mais elle est de qualité et dotée d’une solide industrie de recherche et fabrication de médicaments. Elle a ainsi créé et fabriqué divers vaccins à l’efficacité reconnue (contre la méningite, la leptospirose). Elle a créé des médicaments recherchés contre les ulcères du pied des diabétiques, permettant d’éviter plus de 2 000 amputations ; contre le cancer de la tête et du cou ; contre l’hypertension.

Des touristes latino-américains affluent chaque année dans l’île caraïbe pour y recevoir des soins ou se faire prescrire des médicaments inabordables ou inexistants dans leurs pays. En raison de l’embargo économique, commercial et financier que lui imposent les Etats-Unis depuis 1962 (et qui comprend même des sanctions pour des entreprises étrangères qui commercent avec Cuba), l’île a en effet beaucoup de mal à exporter ses médicaments et sa technologie médicale mais arrive à en tirer quelque 300 millions d’euros par an.

La médecine cubaine a permis d’ouvrir, depuis 2004, 51 centres ophtalmologiques et 84 blocs opératoires ad hoc dans plus de 30 pays latino-américains (chiffres 2009). Et a soigné gratuitement quelque 20 000 enfants ukrainiens irradiés après l’accident à la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Source: Marie France Cros